Renan Luce est de retour avec un nouvel album. Entièrement orchestré avec des cordes et des vents, il est de loin son disque le plus personnel et le plus ambitieux. Rencontre.

 

Propos recueillis par Hervé Troccaz

 

Pourquoi avoir enregistré votre album avec un orchestre ? Quelles étaient vos appréhensions ?

Je trouvais que c’était un écrin pour soutenir mon approche. Ma seule inquiétude et ma peur principale étaient que les instruments soit écrasants et le ton sirupeux. Nous avons eenregistré avec une trentaine de musiciens, en France. Certaines personnes nous avaient conseillé de nous déplacer à Londres, car en Grande-Bretagne les musiciens ont davantage une culture de l’orchestre.

C’est un savoir-faire que nous avons oublié dans notre pays. C’était une chose commune dans les années 60 en France, avec Charles Aznavour ou encore Stone et Charden. Outre-Manche, cette approche demeure  plus naturelle et courante, bien entendu avec les Beatles ou les comédies musicales.

Nous avons enregistré pendant deux jours seulement. C’était très intense ! Heureusement nous avons conçu des maquettes qui nous ont grandement facilité le travail. Il y a 50 ans enregistrer un disque dans de telles conditions était plus facile et plus confortable, car les musiciens pouvaient enregistrer un seul titre par jour.

Avez-vous voulu mettre des instruments en avant ?

La harpe est très présente avec des glissandos, comme dans les albums de Jacques Brel. Nous avons également mis en avant les bois qui viennent tapisser ou souligner la mélodie.

Cette approche instrumentale avec un orchestre se révèle inédite. Je ne sais pourtant pas si c’est le début de quelque chose ou si je prendrai une tout autre direction pour le prochain album.

Dans le cadre de votre tournée, quelle sera la configuration scénique ?

C’est une chance que mon producteur Christophe Bosc me soutienne dans ce projet un peu fou. Dans le cadre de notre tournée, nous allons nous déplacer avec ses musiciens, et réorchestrer l’ensemble, y compris les anciens titres. C’est un véritable challenge. Tout dépendra de la taille des salles et du budget. Nous débuterons par un premier concert le 12 juillet aux Francofolies de La Rochelle.

Votre frère est pianiste. Pourquoi ne jouez-vous pas de cet instrument ?

Je souhaitais surtout trouver ma propre voix, faire ma place au sein de la famille. C’est pour cela que j’ai joué du saxophone puis de la guitare, afin de trouver mon propre style. Nous avons des destins parallèles. J’ai également abandonné le saxophone, car je la je trouve cela trop ringard, à l’image des solos de Jean-Jacques Goldman. Je me suis réconcilié avec cet instrument à cuivre que très récemment. Il m’arrive de temps en temps de souffler dedans.

Comment avez-vous composé les textes ?

Cela m’a pris deux ans environ. À chaque fois je me promets d’être plus régulier, mais j’ai du mal à me concentrer et écrire des morceaux, me poser durant la tournée. Ma hantise était de réaliser un album trop sombre, cela m’a pris deux ans environ. Heureusement certains titres viennent tempérer cet aspect.

Vous vous êtes fait connaître en interprétant des titres mettant en scène des personnages fictifs. Cet album marque une évolution dans ce sens, avec davantage de compositions autobiographiques…

En effet, je me sentais incapable de parler de moi-même auparavant. J’avais trop peur que cela paraisse mielleux. C’est la première fois que je me livre autant. Dans le même ordre d’idée ce n’est pas moi qui joue de la guitare sur les morceaux, car je m’étais enfermé dans un jeu quasi caricatural. Je voulais sortir de ce carcan. C’est également plus simple de guider les musiciens.

Écrire c’est comme un muscle, il faut s’entraîner régulièrement. J’ai du mal à faire preuve de régularité, me dégager du temps car je suis enfermé dans une tanière mentale.

On sent également chez vous des influences cinématographiques….

C’est un album qui se nourrit clairement des années 60, des films hollywoodiens. Ce n’est que très récemment que j’ai accepté de moi-même ces influences.

L’album sort à quelques jours des élections européennes. Vous sentez-vous un citoyen européen ?

Le vote est quelque chose de très important pour moi. Naturellement, je déposeras-i mon bulletin ce dimanche dans l’urne. Je constate toutefois que nous ne connaissons très mal nos voisins, à commencer par l’Allemagne. C’est tellement absurde de ne pas connaître les pays frontaliers !

RENAN LUCE sera en concert au Toboggan le 14 novembre 2019

Le site officiel de Renan Luce

Renan Luce – Au début

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