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D’Eric Toledano et Olivier Nakache, avec Louis Garrel, Camille Cottin, Pierre Lottin

Juste une illusion – Synopsis

Juste une illusion est le nouveau film du tandem Eric Toledano et Olivier Nakache, après notamment Le sens de la fête, Une année difficile, Intouchables ou encore Nos jours heureux. L’action se déroule durant les années 80, et plus précisément en 1985. Les spectateurs sont invités à suivre le parcours d’un jeune adolescent de 13 ans nommé Vincent. Ce dernier vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne. Il doit partager sa chambre avec son grand frère qui demeure pas très conciliant. Ses parents ne cessent également de s’invectiver et se disputer. Durant cette période charnière, il ne cesse de se poser des questions sur des sujets variés, comme l’identité, l’amitié, la famille, la religion. Via le prisme de son regard, c’est aussi l’occasion d’ausculter toute une période singulière, marquée par le chômage des cadres.

Juste une illusion – Critique du film

UN AIR DE FAMILLE

Depuis désormais deux décennies, Eric Toledano et Olivier Nakache portent un regard singulier sur notre époque. Leur approche humaniste et nuancée, sans jamais verser dans l’angélisme, mérite d’être saluée.

En s’intéressant cette fois aux années 80, le tandem ne change pas la recette de leur succès, avec des dialogues percutants, une reconstitution soignée et une direction d’acteurs impeccable. L’élégance et le perfectionnisme de la direction artistique distinguent Juste une illusion du tout venant de la comédie française.

Tout le casting demeure d’une rare justesse, de Louis Garrel en père dépassé par les évènements à Camille Cottin désireuse d’opter pour une nouvelle carrière. Le jeune Simon Boublil, révélation, est épatant.

Loin de verser dans la candeur, le scénario subtil aborde des thèmes singuliers

Loin de verser dans la candeur, le scénario subtil aborde des thèmes singuliers, comme le chômage des cadres et la carrière des femmes. Par le prisme du jeune garçon, les cinéastes évoquent le conflit avec la famille, la perte de l’innocence, la prise de conscience sociale ou morale du monde qui l’entoure. Le script est servi par une interprétation de haut vol.

Résultat : comme dans leurs précédents longs-métrages, un subtil équilibre entre rires, émotion et moments de grâce.

Plus qu’une simple bulle de nostalgie, Juste une illusion n’est pas sans rappeler également l’Amour Ouf, par la qualité de sa bande originale, sa manière de filmer les premiers émois amoureux, en dépit des difficultés et différences sociétales.

Un regard éclairant et plein de finesse, à hauteur d’enfant, qui vise toujours juste.

✍️ Hervé Troccaz

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