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Rue Málaga de Maryam Touzani, Nabil Ayouch, avec Carmen Maura, Marta Etura, Ahmed Boulane
Rue Malaga – L’histoire
Rue Malaga suit le parcours de Maria Angeles, une espagnole octogénaire. Cette dernière vit seule à Tanger, où elle profite de sa ville et de son quotidien. Mais un jour sa fille Clara, en difficulté financière, arrive de Madrid pour vendre l’appartement dans lequel elle a toujours vécu. Bien déterminée à rester dans cette ville chère à son coeur, elle met tout en œuvre pour garder son logement, mais aussi récupérer les objets d’une vie. Un parcours marqué à la fois par le désir et l’amour.
Rue Malaga – La critique
Dans cette chronique familiale sur le temps qui passe, nous découvrons, sur fond de ville cosmopolite, une femme très attachante qui nous happe d’abord par les sentiments, la douceur, la lumière et la beauté de cette ville marocaine.
Véritable hymne à la vieillesse, à la nostalgie et aux souvenirs, Rue Málaga capte l’ardeur de son héroïne, qui refuse à juste titre son exil forcé vers Madrid.
Même si elle semble abdiquer dans un premier temps en venant habiter dans une résidence pour personnes âgées, l’heure de la retraite ne sonne pas encore pour Maria, belle femme alerte, lucide et maline, puisqu’elle retourne dans son ancien appartement si sa fille l’a mis en vente.
Un excellent film d’auteur au scénario bien écrit
Le thème général de ce film est fort et d’une profonde justesse. Son sujet humain traite avec délicatesse de la vieillesse, de l’exil et du désir. Un excellent film d’auteur au scénario bien écrit.
La réalisation est très réussie et donne envie de vivre une retraite joyeuse comme celle de Maria. Véritable hymne à la beauté, à l’enracinement et à la vieillesse, Rue Málaga capte la flamme de son héroïne espagnole, ancrée avec détermination dans le cosmopolitisme de Tanger, qui devient un lieu de mémoire et de liberté.
À travers le personnage extraordinaire de Maria, sa réalisatrice brosse le portrait d’une femme ordinaire qui refuse l’effacement et le déracinement de son lieu de vie où elle a grandi. Il fallait tout le talent de Carmen Maura pour incarner à merveille et avec fougue ce personnage solaire, souvent drôle dans ses propos. N’oublions pas non plus le rôle de la fille, incarnée avec justesse et talent par Marta Etura, ni celui d’Ahmed Boulane, brocanteur et amant attentif.
Ce clin d’œil à la religion catholique est bien vu par son côté « Cachez-moi ce sein que je ne saurais voir », dans Tartuffede Molière, où l’hypocrisie rivalise avec la piété.
Rares sont les films qui montrent, sans voyeurisme malsain, l’amour physique chez les personnes âgées avec autant de beauté, de tendresse et de délicatesse.
✍️ Gérard Serié
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