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Après Titanic, Pompeii ou encore Vincent Van Gogh, c’est maintenant au tour de Monet d’être mis à l’honneur dans une nouvelle exposition immersive. Un concept dans l’air du temps, mais qui montre vite ses limites. 

C’est LA tendance du moment dans le monde de l’art : les expositions dites “immersives”. Derrière cet adjectif se cachent de nouvelles propositions muséales qui leur sont entièrement consacrées. L’immersif semble aujourd’hui envahir l’univers culturel, qu’il s’agisse de grandes capitales ou de villes comme Lyon. 

Ces derniers mois, les habitants de la capitale des Gaules ont ainsi pu s’immerger dans les œuvres de Vincent Van Gogh ou revivre l’expérience du Titanic. À Paris comme à Lyon (Cités Immersives, Atelier des Lumières, Grand Palais Immersif…), de plus en plus de lieux, souvent privés, proposent aux visiteurs des expositions composées d’immenses projections vidéo. 

Les expositions immersives s’éloignent de l’objet original

Bien loin des accrochages traditionnels et des mises en perspectives — comme l’excellente exposition Etretat, par delà les falaises au Musée des Beaux-Arts — ces expositions immersives ne présentent pas de collections ou d’œuvres d’art à part entière. Elles s’éloignent de l’objet original et du dialogue avec l’histoire de l’art. 

Face à cette nouvelle tendance, certains musées et institutions cherchent à emboîter le pas, en intégrant des salles ou des espaces immersifs à côté de leur parcours muséal habituel. La technologie y est utilisée pour enrichir le contenu des collections et le propos général de l’institution. 

Le terme “immersif” devient ainsi un mot-valise, symbole d’une volonté d’attirer de jeunes publics avec la promesse d’une expérience spectaculaire. Ces propositions, souvent portées par des acteurs des industries culturelles et créatives comme Fever, mettent en lumière un phénomène plus marketing que muséal : le monde de l’art — ou plutôt le marketing de l’art — s’est découvert un nouveau totem à vénérer : l’exposition immersive. 

Pourtant, ces expositions présentent de multiples écueils. Elles avancent comme argument la démocratisation de la culture, sauf que le prix de l’entrée demeure bien plus onéreux qu’un musée : comptez 15 à 20 euros en moyenne. 

En numérisant l’œuvre, les expositions immersives réduisent la pensée de l’artiste, effacent le contexte historique

En numérisant l’œuvre, elles réduisent la pensée de l’artiste, effacent le contexte historique et le geste créatif. La projection transforme l’art en un contenu instantané, un divertissement sensoriel immédiat. Tout est aplani, comme dans un parc à thème, mais sous la rhétorique séduisante de l’“accessibilité culturelle”. Cette dérive esthétisante vide les images de leur pouvoir critique : en ce sens, l’immersion n’est pas un approfondissement, mais une anesthésie. 

L’effet est particulièrement frappant dans Monet — l’exposition immersive où le décalage apparaît dès les premières minutes. Monet peignait la lumière, la texture et les atmosphères changeantes ; ici, tout est lisse, numérique, uniforme. Un diaporama géant, qui ne rend pas hommage à la puissance originelle. Un comble.

✍️ Hervé Troccaz

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