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Le vitrail, c’est l’un de ces arts qu’on admire derrière les fenêtres d’une cathédrale sans jamais imaginer pouvoir en créer un soi-même. Trop technique, trop complexe, réservé aux artisans d’une autre époque. Et pourtant. Artizeo propose des ateliers de deux jours dans le quartier des Brotteaux, animés par Mélanie Faucher, vitrailliste professionnelle installée à Lyon depuis 2017.
Mélanie Faucher, une artiste ancrée dans son quartier

Mélanie Faucher n’est pas une animatrice de loisirs créatifs. Son parcours commence par une formation en arts plastiques, puis un coup de foudre pour le vitrail contemporain au contact des œuvres de grands artistes. Ce n’est pas un engouement passager : elle part à Paris décrocher un CAP Arts et Techniques du Verre, avant d’affiner sa pratique aux côtés de professionnels reconnus du domaine.
En 2017, elle fonde son propre atelier à Lyon, niché au cœur du quartier des Brotteaux. Son activité dépasse largement le cadre des ateliers grand public. Elle restaure des vitraux anciens, conçoit des pièces contemporaines sur mesure, et collabore régulièrement avec des architectes et des décorateurs d’intérieur pour des projets publics comme privés. Elle est membre des Ateliers d’Art de France, label qui certifie l’excellence et l’authenticité de l’artisanat d’art français. Elle a décidé de collaborer avec différentes plateformes comme Artizeo pour proposer ses ateliers au grand public.
C’est cette même Mélanie qui vous accueille dès le premier matin, autour d’un café. Pas de mise en scène, pas de discours formaté. Elle prend le temps de présenter son espace de création, ses outils, d’expliquer le déroulé des deux jours. Et elle échange avec chaque participant sur le projet qu’il a imaginé en amont, pour s’assurer de sa faisabilité avant de commencer. Car l’atelier débute bien avant le jour J.
Préparer son projet avant d’arriver
C’est l’un des détails qui distingue cet atelier d’une simple initiation. Dès la réservation confirmée, Mélanie envoie par email toutes les informations nécessaires ainsi qu’un cahier des charges pour préparer son projet de vitrail. On réfléchit à son motif, à sa composition, à ses couleurs. On lui soumet l’idée pour qu’elle en vérifie la faisabilité technique avant le début de la session.
Pourquoi ce n’est pas anodin ? Parce que tout le monde n’a pas la même idée de ce qui est réalisable en deux jours avec du plomb et du verre. Mélanie cadre les ambitions sans les brider. Elle oriente, suggère des ajustements si nécessaire, et arrive le premier matin avec une vision claire de ce que chaque participant va produire. Résultat : on ne perd pas une heure à tâtonner sur une feuille blanche.
La préparation en amont, c’est aussi ce qui rend l’expérience personnelle. On ne crée pas un vitrail générique imposé par l’animatrice. On crée le sien, selon sa propre vision artistique. C’est une nuance importante.
Jour 1 : couper du verre, c’est plus satisfaisant qu’on ne croit
Le premier jour débute à 10h et se termine à 15h. Après l’accueil café et la présentation de l’atelier, on entre dans le vif du sujet sans traîner. Première étape : sélectionner ses verres. Mélanie dispose d’un large choix de teintes, de textures, de transparences. Ce moment de sélection est plus long qu’on ne l’anticipe, parce qu’il engage déjà des choix déterminants sur le résultat final.

Vient ensuite le tracé du motif sur papier, puis la découpe des gabarits. Et là, la découpe du verre. C’est l’étape qui peut surprendre le plus. Le verre ne se découpe pas comme du papier, évidemment. Mélanie explique la technique, montre les gestes, et accompagne chacun dans ses premiers essais. Il faut de la précision, un peu de pression, et accepter que les premières coupes ne soient pas parfaites.
On passe ensuite à la peinture à la grisaille, une technique ancestrale qui consiste à peindre directement sur le verre avec un pigment minéral. C’est elle qui donnera les détails, les ombres, les contours de la composition. Puis la création part au four pour la cuisson. Et on attend. Le résultat, on ne le verra que le lendemain matin.

Une précision utile : on travaille debout pendant une grande partie de la session, on manipule des matériaux salissants. Tablier et chaussures fermées sont indispensables. Ce n’est pas un atelier feutré pour instagrammer ses mains propres. Tout cela est bien entendu précisé sur le site d’Artizeo.
Le déjeuner à l’atelier
Entre les deux sessions de la journée, le déjeuner se passe sur place. Micro-ondes, bouilloire, frigo : tout est disponible. On apporte ses affaires, on mange dans l’atelier, entre participants. C’est un moment informel, détendu, qui s’intègre naturellement dans la journée.
Ce détail compte plus qu’il n’y paraît. On parle de ses choix de composition avec les autres, on échange avec Mélanie sur les étapes à venir, on découvre que la personne en face a choisi des couleurs totalement opposées aux siennes pour un résultat probablement aussi réussi. L’atelier accueille trois à quatre participants maximum. Ce petit groupe crée une vraie atmosphère d’atelier d’artiste, à l’opposé d’un stage de masse où l’animateur court d’un poste à l’autre.
Jour 2 : l’ouverture du four et l’odeur du plomb
Le lendemain matin, on revient à 10h. Et on ouvre le four. C’est le moment le plus attendu des deux jours. La grisaille a fixé dans la masse du verre pendant la cuisson. Les couleurs ont pris leur aspect définitif. On découvre si le résultat correspond à ce qu’on avait imaginé, ou si la cuisson a produit quelque chose de légèrement différent, parfois encore plus intéressant.
Puis commence le montage au plomb. Le réseau de plomb, c’est ce qui structure le vitrail, maintient les pièces de verre entre elles et lui donne cette esthétique si caractéristique. Mélanie guide chaque étape. On pose les pièces, on coupe le plomb, on ajuste. C’est minutieux, méthodique, et étonnamment satisfaisant.

Vient ensuite la soudure à l’étain pour consolider l’ensemble. Mélanie fournit les masques de protection. Ce n’est pas une étape anodine : l’étain chaud, les vapeurs, les fers à souder. On comprend pourquoi ce métier demande une formation sérieuse. Un brin de nettoyage final, et le vitrail est terminé.
Le format final fait 25 x 25 cm. Ce n’est pas monumental, mais c’est suffisant pour avoir traversé toutes les étapes d’un vrai vitrail : conception, découpe, peinture, cuisson, plomb, soudure. On repart avec une pièce aboutie, réalisée de ses propres mains, selon sa propre composition. Difficile de ne pas la sortir du sac dans le métro pour la regarder encore une fois.
Notre avis
L’atelier d’Artizeo chez Mélanie Faucher n’est pas une initiation au rabais. C’est une vraie plongée dans le métier de vitrailliste, encadrée par quelqu’un qui le pratique à titre professionnel depuis des années. Le format deux jours permet de ne rien survoler : on touche à chaque étape, du dessin à la soudure, sans précipitation. Mention spéciale à la préparation en amont avec le cahier des charges, qui donne du sens à l’expérience dès le départ. L’atelier est ouvert à partir de 15 ans, avec un groupe de trois à quatre personnes. Une privatisation jusqu’à trois personnes est possible, idéale pour un cadeau ou une sortie entre amis.
Informations pratiques
Artizeo – Ateliers vitrail dans le Rhône
📍 Quartier des Brotteaux, Lyon
⏰ 2 jours : 10h – 15h chaque session
👥 3 à 4 participants (privatisation jusqu’à 3 personnes)
🔞 15 ans minimum
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